Convention des Grands Stratèges 2026

Convention des Grands Stratèges 2026

Des gens derrières et autour des jeux

Info convention

Convention des Grands Stratèges 2026

Après un peu de repos, il est temps de débriefer un peu la convention des Grands Stratèges organisée par l’association Tanelorn, dont j'ai interviewé le président. (à voir ici).

Le moins que l’on puisse dire c’est que ces cinq jours furent intenses. Entre grosses parties, organisation, cuisson des viandes au barbecue le soir, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer, et si j’en crois les premiers retours, cette convention fut une nouvelle fois un succès. Je suis donc ravi d’avoir apporté ma petite pierre à l'édifice. Surtout qu’on a de nouveau battu un record d’affluence.

A titre personnel, j’ai pu jouer à plusieurs gros jeux, en profitant de la convention pour sortir des jeux à 6 joueurs.

Jour 1 : Virgin queen

Originellement nous devions jouer à Here I Stand, mais nous avons décidé de changer et de migrer sur Virgin Queen. Une fois la gymnastique d’attribution des rôles terminée, je me suis retrouvé avec la France, que je n’avais pas particulièrement envie de jouer. Mais soit, acceptons le défi. Dès le premier tour les choses ont été compliquées. L’Espagnol me propose une alliance contre un trésor le tour d’après. Le Protestant lui, me menace de me faire perdre une carte si je le fais. J'ai choisi de suivre l’Espagnol afin de ne pas laisser trop facilement le Protestant s’implanter et devenir inarrêtable. Un choix qui impactera toute ma partie. Dès le T1, le protestant me retire non pas une mais deux cartes ! Autant dire que cela me cantonne dès le début au rôle de spectateur. La journée va être longue

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Le plateau de Virgin Queen

Le tour suivant ne se passe guère mieux, je ne peux pas faire grand chose et mes mariages se passent mal. Le Protestant me propose une trêve que j’accepte, à tort puisque finalement, une fois passé (le défaut de carte pique sévèrement), le Protestant enchaîne les cartes violentes dans une très grosse offensive pour implanter durablement le protestantisme en France. Il a des mains terribles, je n’ai que peu de cartes et des pas terribles, je ne peux que le regarder faire

Le tour 3 n’est pas mieux. Je tente de préparer la reprise de Rouen, mais le temps manque puisque l’on débouche rapidement par une victoire automatique protestante. Je le sentais venir, les autres n’ont rien vu et sont un peu dépités. N’ayant fait que subir, je ne suis pas mécontent de cet arrêt assez tôt dans la partie. J’avais le nez creux : jouer la France ne m’allait pas. La partie n’en était pas moins plaisante.

Jour 2 : Rise of Totalitarianism

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le plateau de Rise of totalitarianism

Le deuxième jour je dois tester Rise of Totalitarianism. Je n’ai pas eu le temps de lire les règles et je pensais que le possesseur du jeu le maîtrisait. Ce n’est pas le cas et il arrive tard à la convention. Le jeu et sa proposition sont alléchants, la réalisation bien moins et tout nécessite de consulter les règles. Lesquelles sont particulièrement mal foutues et peu compréhensibles. Je suis claqué, énervé par les conditions de jeu, je préfère arrêter au bout d’un tour pour que les deux autres joueurs puissent embrayer sur autre chose. C’est dommage, le jeu, son thème et sa période m’attiraient fortement. Mais je n’étais clairement pas dans les bonnes conditions pour y jouer. Je lui donnerai peut être une nouvelle chance mais avec des conditions plus adéquates. Le reste de la journée se déroule tranquillement. Je n’ai pas le cerveau disponible pour du jeu, je me contente de belles discussions et d’apéros. Et j’en profite pour installer le gros jeu des deux jours suivants : Europa Universalis the price of power.

Jour 3 et 4 : Europa Universalis - The price of power

Là aussi attribuer les pays de chacun a nécessité une certaine gymnastique. Je voulais rejouer Ottoman, frustré de mon échec il y a trois ans, je me retrouve à jouer anglais. Cela me va tout de même et le défi sera intéressant. L’extension du jeu n’étant pas disponible (une constante avec les campagnes de Aegyr games …) on ne peut jouer à 7 et on décide de ne pas jouer d’Autriche (autre pays que je souhaitais jouer) et de jouer une Russie à la place, afin de donner plus de vie et d'interactions à l’Est. Je pense qu’en l’absence de pouvoir faire jouer un 7ème joueur c’était une bonne idée, même si on a senti à plusieurs reprises un gros manque d’un joueur autrichien.

On a aussi décidé de jouer comme royaumes dynamiques (DNPR) : l'Autriche, la Hongrie, la Lituanie, le Portugal et le Danemark. De plus, on choisit de ne pas utiliser les power struggle, trop centrés sur l’ouest de et privant ainsi l’est de points de victoire possibles. Je pense que l’on a eu raison de faire ce choix. Autre choix fort : 12 villes objectifs ont été répartis sur la carte. Le premier à en contrôler 4 déclenchera une victoire automatique. L'idée est d'ajouter de la tension et de permettre aux autres joueurs de réagir. L'idée de base est bonne, cela n'a pas contre pas trop influencé notre partie. Mais idée à garder tout de même.

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Le gros matos pour EU:PoP

Le fait de jouer anglais c’est accepter de voir les autres se développer quand notre royaume diminue (perte de l’héritage Plantagenêt) et d’affronter plusieurs grosses crises successivement. Je négocie avec le français qui en première action du jeu m’a déclaré la guerre sans même attendre les événements. Tant pis pour mon envie de temporiser en cédant le Maine pour gagner un tour. Je perds toutes mes possessions françaises dans l’affaire mais gagne l'Écosse. La guerre des deux roses ne s’étant pas déclenchée au premier tour, j’aurais le temps de la gérer

Si j’arrive à gérer les crises je démarre surtout une spirale infernale : je manque d’argent, donc je dépense mes points de monarque diplomatique pour faire du commerce. Que je foire de manière quasi constante. Je n’ai donc pas de points diplomatiques et pas d’argent. Quand on sait que les premiers leaders anglais sont catastrophiques (on commence avec un leader 1/1/1), cela plombe donc tout mon début de partie. Pendant que la Russie, la Pologne et l’Ottoman grossissent rapidement et engrangent des points de victoire, je cale dès le début et ne peut pas accélérer mon démarrage.

Ce problème de commerce va me poursuivre malheureusement toute la partie. Je manque d’argent, je ne peux pas recruter beaucoup de navires de commerce, commerce que je foire, ce qui me bloque donc. J'espérais rapidement tomber sur l’Irlande, ce rêve s’envole vite. Une fois converti au protestantisme, je gère assez bien la conversion du royaume, j’avais préparé le coup avec une carte administrative pour faciliter les conversions

Niveau diplomatique, je voulais capitaliser sur mon alliance avec le Portugal, et me prépare à le vassaliser. Manque de bol, l’Espagnol, plutôt que de bosser à vassaliser l’Aragon, décide de se tourner vers le Portugal. Il me bloque, j’ai de quoi le bloquer en retour et retourner son alliance qu’il vient de me piquer, mais étant donné que nous sommes tous les deux bons derniers, ce serait stupide. Je le laisse bosser là bas et je vais du coup me pencher sur le Danemark. L’idée est de bloquer l’extension vers le Nord du polonais et d’accéder aux noeuds commerciaux de la Baltique. Cela devrait me permettre d’augmenter enfin mes revenus commerciaux.

J’arrive à subjuguer le danois, mais pour ce qui est du commerce, je n’arriverai à commercer qu’une seule et unique fois à Lubeck. Autant pour mon idée de génie. Le hasard a décidé que mes anglais seraient incapables de commercer correctement sur la partie. Dommage quand on sait que c’est pourtant une des grandes forces de l’anglais …

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Les empires se sont bien étendus
Je commence à avoir de bons dirigeants, je réussi à garder Elizabeth I beaucoup plus longtemps que prévu mais je dois ensuite gérer la guerre civile, une de plus, alors que polonais et français s’accordent sur un partage du Saint Empire, que l’ottoman grignote le mamelouk après de grosses batailles, que le russe se développe rapidement au gré de guerres contre de petits mineurs et de subjugations, et que l’espagnol commence enfin à s’en sortir face à ses deux gros vassaux que son l'Aragon et le Portugal

Le polonais me déclare la guerre pour accomplir un objectif en Suède et tenter de gagner des points en détruisant la flotte (milestone accordant 5 pv pour cela). J’avais préparé le terrain pour une guerre contre le Mali, j’y envoie mon armée et ma flotte, laissant le polonais s’en prendre aux deux provinces suédoises et me concentrant sur une zone qui peut me rapporter

On avait prévu de jouer 12 tours (3 âges) mais la fin du jeu est déclenchée prématurément par l’ottoman qui a épuisé tous ses pions de villes et de vassaux. Le décompte final lui accorde la victoire (140 points) avec un petit point d’avance sur la Russie, et montre l’écart abyssal avec mes points (64). Cela confirme ce que je pensais : un anglais qui ne peut pas commercer est condamné à être à la traîne toute la partie. Je l’ai bien senti. Dommage car c’était le premier tour que je finissais avec un royaume apaisé (0 troubles ou rebellions) et aucunes dettes. Un long chemin de croix pour en arriver là !

La partie aura été plaisante dans l’ensemble, à part quelques tensions entre joueurs. J’aurai bien aimé un âge IV pour déployer l'Angleterre dans le monde via la colonisation et enfin générer de confortables revenus. Une prochaine fois peut-être. Je ne visais pas la victoire, le jeu étant un peu déséquilibré entre les grandes puissances, certaines ayant plus de facilité à scorer. Mais je suis plutôt content de ce que j’ai réussi à faire de mon Angleterre malgré les contraintes historiques et ma poisse sur le commerce. J’ai hâte de pouvoir y rejouer. Il ne le reste plus qu’à trouver les joueurs pour cela (un détail … )

Jour 5 : Guerre Éclair

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Découverte de Guerre Éclair
Le dernier jour je n’avais rien de prévu et décidé de ne rien proposer. Si j’arrive à le greffer à une partie tant mieux. Et c’est le cas, on me propose de jouer à Guerre Éclair, une belle découverte dans le format wargame d’apéro. J’en ferai au final 3 parties dans la journée. Le temps ensuite de ranger, débarrasser, et la convention se termine pour moi. Une dernière journée à un rythme plutôt tranquille donc, mais c’était ce qu’il me fallait après ces longues parties depuis le début.

Conclusion

On a donc fait une belle convention et pu déployer des jeux plutôt costaud. Je ne suis pas pleinement satisfait de mes parties, n’ayant pu m’épanouir dans celle-ci, mais c’est le jeu si je puis dire. On ne peut pas toujours y arriver et cette fois c’était mon tour. Il était malgré tout plaisant de voir la bonne ambiance, d’entendre des compliments sur notre organisation, et de voir les joueurs s’éclater et se remplir la panse allégrement. Évidemment, je regrette de ne pas avoir pu profiter de la journée du jeudi et d'avoir aussi impacté mes deux camarades avec qui je jouais à Rise of Totalitarianism. A charge de revanche les gars !

C’était la première année de convention où le temps n’était pas de la partie, entre pluie, grêle et vent glacial venu de l’Est, cela a certes rendu les moments extérieurs un peu plus compliqués, mais n’a pas réellement impacté la convention en elle-même. Un bon test pour l’organisation donc.

Ci dessous, la liste incomplète des jeux que j'ai recensé sur ce beau week-end. Classé de manière parfaitement arbitraire entre wargame et jeu de plateau.

Wargames :

Jeux de plateau :

De bien belles listes n'est-ce pas ? J'en ai sans doute loupé un paquet. Et c'est aussi sans parler du championnat de France de Flames of War organisé les deux derniers jours. On a clairement eu une belle convention s'étirant sur le large spectre ludique de l'association. On en redemande. Mais pas tout de suite. pour le moment c'est repos. On se retape et ensuite, en route pour une édition 2027 encore plus grosse !

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