Compte rendu : North Africa 41 - Conclusion

Compte rendu : North Africa 41 - Conclusion

Double claque dans le désert

Compte rendu

Un excellent opus

Cette article est la conclusion d'une série d'article de compte rendu dédié à North Africa 41. Après un permier article qui a vu mes troupes du Commonwealth se prendre des baffes bien violentes en début de partie, puis un second article où j'ai tenté de contrôler la débâcle puis de contre-attaquer en force en vain, il est temps de débriefer tout cela.

1. Impression générale

Déjà, commençons par une évidence : il est excellent. J'ai beau avoir perdu et en avoir chier des pendules tout le long, et avoir accumulé pas mal de poisse dans les premiers tours qui étaient pourtant les plus critiques, je garde un excellent souvenir de cette partie. Je trouve que les spécificités du théâtre sont plutôt bien rendues. Le combat dans le désert : la nécessité de faire des convois maritimes alors que c'est dangereux, la difficulté d'assurer le soutien pour lancer des attaques. C'est plutôt bien restitué et une fois qu'on a pigé chaque point, ça se déroule plutôt bien. J'ai juste un petit bémol sur Malte, car certes mon adversaire a utilisé beaucoup de points de ressource pour la maintenir haut, mais moi aussi j'ai pas mal dépensé là dessus.. et on est clairement pas au niveau des % de pertes historiques pour la traversée de la mer. Et ça joue fortement sur la partie. Alors oui, une partie ne fait pas une règle... mais j'avoue que je n'ai pas vu trop l'impacte sur les troupes de l'Axe de devoir se farcir une traversée compliquée. C'est sans doute mon seul bémol. Mais je le répète, une partie ne fait pas une généralité. Mais devant le manque de CR en français ou en anglais sur ce jeu... je dois bien en tirer une conclusion :D

Le jeu est punitif. Il faut l'accepter. Car vu le peu de pions concernés, en perdre un coûte cher. J'ai pu m'en rendre compte avec les nombreuses pertes accumulées durant le premier tier du jeu, qui m'ont cruellement manqué ensuite et largement retardé ma capacité à contre attaquer. Jouer l'Allié, c'est accepter de reculer, et lutter contre ses penchants offensifs pour reculer et tenter de sauver ce qui peut l'être.

2. Ma stratégie initiale : l'échec de la défense haute

Je voulais tenter un blocage un tour. Rien de fou, juste me donner un peu de marge de manœuvre. Cela a été un échec cuisant et à lourdement entamé mon début de partie, permettant à mon adversaire de taper très fort dès le début. Après.. il faut se rendre compte du peu de troupes qu'à l'allié au début. Je ne sais pas si laisser l'allemand dérouler serait une meilleure solution. Reste que ma stratégie n'a pas fait long feu et qu'ensuite.. j'ai été trop timoré sur mon retrait. En relisant le CR, j'ai vu que mes choix de tenter de le ralentir m'ont coûté extrêmement cher. Je déconseille donc. Une fois que vous êtes sur la marche arrière, allez y à fond. Pas de demi mesure ! Foncez pour vous réunir en amont de Tobruk et avoir le temps de former une ligne de défense cohérente. Les troupes de l'axe ne pourront pas toute suivre à fond et cela vous laissera un peu de temps. Car en ne reculant pas à fond, je n'ai ensuite pu reculer que par tout petits bonds, vu le peu de mouvement de mes troupes. Et une fois qu'on est dans cette situation, la mobilité de l'axe lui donne un avantage certain pour entourer ou contourner. Et là les pertes s'accumulent vite. Alors n'hésitez pas à mettre volontairement vos troupes en retraite complète pour accélérer la retraite et éviter les combats, c'est je pense une solution à ne pas négliger.

Je ne sais pas si défendre plus longtemps Benghazi vaut le coup. Il faudrait voir. Car c'est ensuite se retrouver avec des unités qui seront forcément détruites.. mais construire une fortification sur place et tenir la ville un ou deux tours gênerait forcément l'avance de l'Axe. A tenter je pense. Cela soulagerait le joueur allié qui aurait ainsi plus de temps pour créer une défense cohérente sur Tobruk, sans être sous la pression des panzers aussi vite que dans notre partie. J'ai eu beaucoup de mal à évacuer une troupe australienne. Elle a du faire le chemin à pied, et c'était une erreur je pense. Soit elle reste et défend Benghazi en se fortifiant par exemple, soit elle rentre en camion. Mais la faire rentrer à pied, c'est bien trop long, cela donne une belle cible pour la mobilité de l'axe. On l'a vu sur ma partie, j'ai du ralentir ma retraite pour la couvrir... ce n'est jamais une bonne chose. Ne pas hésiter à utiliser un camion pour lui permettre de gagner de précieux impulses en fonçant vers l'arrière.

3. La défense de Tobrouk

La clé de la partie c'est Tobrouk, comme on peu s'y attendre. Il y a plusieurs choses à prendre en compte pour l'allié. A commencer par les fortifications. Il faut évidemment les construire le plus tôt possible, pour éviter tout rush de l'axe et faciliter la défense. Et il ne faut PAS OUBLIER L'HEXAGONE DE TOBROUK ! Ne faites pas les mêmes bêtises que moi... Surtout que la fortification de Tobruuk même demande un jet de dès pour être validée, contrairement à celle autour de la ville. Une défense des abords de Tobrouk me semble obligatoire pour avoir le temps de bien fortifier la ville. Mais là encore, c'est peut être tout simplement notre partie que me donne ce sentiment. Il faut dire qu'en abandonnant le Cyrénaïque, je me suis retrouvé avec beaucoup de monde ne face. Pas certain que ça soit le cas dans chaque partie.

Pour défendre Tobrouk il faut des fortifications, mais aussi des troupes. Reculer plus de monde plus vite dans la ville, c'est laisser la mobilité de l'axe faire des percées, mais ça peut être une bonne technique quand même, et utiliser les renforts pour créer une ligne de fortification dans le secteur de Bardia par exemple. Gardez des tanks dans Tobrouk si vous le pouvez, pour permettre des contre attaques blindée si l'axe réussi à rentrer dans le périmètre. Car sans ça, on est trop mou pour faire une contre attaque et on est obligé d'abandonner ce qui est tombé. Evidemment, qui dit utilisation de blindés, dit utilisation de supply. Faites y un stock conséquent dès que vous pouvez, car ensuite cela doit arriver par bateau, et comme on l'a vu avec mes convois, cela peut vite finir au fond de la mer ...

Tobruk est une plaie pour l'axe tant qu'il y a du monde dedans. Il faut donc s'assurer qu'il y a du monde dedans et si nécessaire utiliser des points de ressource pour réparer le port et assurer le ravitaillement des troupes qui défendent la zone. Car si le port diminue en capacité, les troupes vont être vite en mode non ravitaillé ce qui va faciliter le boulot de l'adversaire. Surtout que mon adversaire a bien montré durant cette partie que des attaques à 1:1 voir 2:1 suffisent à user l'adversaire voir à gagner des combats. Il s'agit d'une guerre d'usure, la moindre perte qu'il inflige dans Tobrouk lui est favorable, d'autant plus qu'il est difficile de ramener du renfort dans la ville. Les taux de pertes avec les traversées maritimes peuvent vite montrer, comme j'ai pu le constater. Mais mieux vaut sacrifier les alentours de Tobrouk et renforcer la ville, permettant de la garder en vie plus longtemps, que de faire trop de combat dans les alentours et ainsi subir des pertes trop facilement. Là aussi, leçon durement apprise.

4. Vers l'est

Que Tobrouk tombe ou non, l'Axe devra pousser vers l'Est, au moins jusqu'à la passe d'Halfaya, pour contrôler toute contre attaque éventuelle. Si possible, il faut fortifier le sud de Bardia et défendre la passe avec des fortifications. Cela permet d'éviter les charges blindées d'élite, qui sont un gros atout de l'Axe. Fortifier le secteur de Bir Digmaish aussi peut être une bonne option. Evidemment, tout cela se réfléchit en amont en fonction de votre partie. L'ultime point de défense est Sidi Baranni, qui peut être facilement fortifié. Si le joueur de l'axe parvient jusque là, il aura pris 1 aérodrome en plus et cela lui permettra d'engranger pas mal de point de victoire. Donc il faut défendre tout ça le plus haut possible, afin d'éviter de perdre définitivement la partie si cette zone tombe.

5. Conclusion

J'ai fait des erreurs qui m'auront coûtées chères. Celles du tour 2 notamment, quand je n'ai pas retraité autant que je le pouvais, m'a plombé pour presque toute la partie. Cumulées à une poisse de mon côté et une chance du côté de mon adversaire en début de partie... c'est quasi insurmontable. Mais cela ne m'a pas empêché de tenter le coup jusqu'à la fin, car le jeu est plaisant, présente de vraies difficultés, et donne vraiment une immersion sympa. J'ai vraiment hâte de faire une autre partie pour voir comment cela peut se dérouler différemment. A titre personnel, je suis plutôt content d'avoir réussi à freiner ma tendance pour l'attaque à outrance. J'ai du ronger mon frein une bonne partie de la campagne, et j'ai plutôt réussi de ce côté là. Mon adversaire en a même été surpris, ce qui est donc plutôt un signe que j'ai réussi à réfreiner mon penchant pour la "subtilité". Il y a clairement des points que j'aurais sans doute mieux utilisé après coup. Notamment les unités de reconnaissance. Je perd la partie, mais pas avec un énorme delta, et j'ai réussi à tenir malgré la très forte pression mise par le jouer de l'Axe. Le bougre est un rude adversaire, comme à chaque fois.

Ce qui est certain, c'est que North Africa est un jeu long, éprouvant, mais terriblement bon, capable de restituer plusieurs points clés propres à ce théâtre d'opération et que j'ai vraiment passé un excellent moment à lutter pour ma survie et tenter de surmonter les difficultés. Je vous le conseille alors très fortement. D'autant plus que j'ai publié une vidéo de règles, vous n'avez alors plus aucune excuse pour ne pas y jouer !

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